Les couleurs du thé

Le ski et le thé, même combat !

« Mais qu’est-ce que tu as fumé ? »

Rien, ni tabac, ni thé. Lorsque vous décidez de vous lancer sur les pistes enneigées vous choisissez en fonction du niveau de difficulté, à savoir la couleur. Le « Yéti » c’est la rouge, « les chanterelles » la verte. Pour le thé c’est pareil, ou presque : les couleurs reflètent non pas le niveau de difficulté mais le niveau d’oxydation.

Du thé vert au thé rouge en passant par…

Tous les thés sont issus d’une même plante. Pour faire un (gros) raccourci la base est la même. Seule la méthode de fabrication diffère. Ainsi avec une même feuille on pourra fabriquer les six couleurs de thé.

La feuille de thé est un organisme vivant et comme tout être vivant coupé d’oxygène elle s’oxyde. D’abord verte elle brunit naturellement. Jusqu’à devenir noire. Comme une feuille tombée d’un arbre. On arrive à stopper l’oxydation à des niveaux désirés. D’où les différentes familles, du moins au plus oxydé :

- Le thé vert et le thé jaune, oxydation proche de zéro

- Le thé blanc, très légère oxydation

- Le thé bleu-vert (autrement appelé oolong ou wulong), avec une palette oxydative de 10 à 70%

- Le thé rouge (autrement appelé thé noir dans le monde occidental), oxydation totale

- Le thé noir (ou encore thé sombre) type pu’erh, catégorie à part puisque très légèrement oxydé au départ mais bel et bien fermenté. Ce qui lui donne sa couleur noire.

 

« Attends attends… tu nous parles de thé rouge pour du thé noir et du thé noir pour du pu’erh. Mais qu’est-ce que tu fumes ?

Toujours rien ! En occident on a tendance à classer le thé en vert, jaune, blanc, bleu-vert (oolong), noir et sombre (style pu’erh). Plus du thé rouge qu’est le rooibos (qui n’est PAS du thé !). Les Chinois, à qui l’on doit tout sur le thé, ont classé au début du XXème siècle le thé selon la couleur de la feuille.

 

OCCIDENT / CHINE

Thé vert / thé vert

Thé blanc / thé blanc

Thé bleu-vert / thé bleu-vert

Thé noir / thé rouge

Thé sombre / thé noir

 

Alors pourquoi cette confusion entre thé noir et thé rouge ?

Deux explications : les premiers thés, verts, arrivés en Europe après des mois de voyage à fond de cale finissaient par se réoxyder et devenir noir. La deuxième : les thés arrivant de Chine dès le XVIIIème siècle étaient des oolongs très oxydés et torréfiés. De couleur noire. Puis cent ans plus tard le fameux Lapsang Souchong détrône ces merveilles de la création. Les Européens ne feront pas la différence.

Et c’est ainsi que les Athéniens s’atteignirent.


Sources :

L’empire du thé, Katrin Rougeventre

https://www.teaguardian.com/what-is-tea/black-tea-origin-production/

https://en.wikipedia.org/wiki/Polyphenol_oxidase

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